Une mobilisation internationale inédite contre la montée des populismes
Le congrès de la Confédération générale du travail (CGT) réuni à Tours a accueilli une mobilisation syndicale sans précédent. Des dirigeants venus des quatre coins du monde — des États-Unis à l’Inde, en passant par l’Argentine et l’Italie — ont appelé mardi à une union collective pour faire face à la montée des mouvements d’extrême droite.
Cette convergence internationale mérite qu’on s’y arrête. Au-delà des frontières politiques françaises, c’est un phénomène global que les organisations syndicales cherchent à contrer : la progression électorale et idéologique de formations populistes et radicales sur tous les continents.
Une « Internationale du travail » face à la « haine »
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a résumé l’enjeu en une phrase choc : « Face à l’Internationale de la haine, nous construisons l’Internationale du monde du travail ». Un vocabulaire évocateur qui montre combien le sujet préoccupe le mouvement syndical français.
Pour autant, cette rhétorique mérite une analyse posée. Les mouvements populistes et d’extrême droite émergent-ils vraiment d’une « haine » abstraite, ou expriment-ils, à leur manière souvent confuse, les inquiétudes bien concrètes de travailleurs sur le déclin économique, l’immigration non maîtrisée, ou le sentiment d’abandon par les élites?
Une question de souveraineté et d’identité
Ce qui frappe dans le congrès de la CGT, c’est que les syndicats internationaux s’unissent moins sur une vision commune du progrès social que sur un adversaire commun. Cela révèle quelque chose d’important : les organisations de gauche peinent à proposer un projet alternatif crédible aux inquiétudes légitimes des électeurs.
En Nouvelle-Aquitaine comme en France, nombre de nos concitoyens demandent simplement que l’État reprenne le contrôle de ses frontières, que le travail soit protégé, que l’identité locale soit respectée. Ces préoccupations ne sont ni haineuses ni irrationnelles — elles sont le cri d’une France des territoires, trop longtemps ignorée par les appareils politiques parisiens.
Le vrai débat démocratique
Le congrès de Tours témoigne d’une nervosité légitime face à des scrutins imprévisibles et à des recompositions politiques rapides. Mais la réponse à la montée du populisme n’est pas l’union de façade ou l’anathème. C’est de proposer une alternative claire, enracinée, respectueuse des territoires et des travailleurs — sans condescendance envers ceux qui votent différemment.
Les Aquitains, comme tous les Français, aspirent à être gouvernés par des gens qui les comprennent, qui défendent leurs intérêts, et qui ne les méprisent pas parce qu’ils ont des doutes sur les grandes restructurations imposées d’en haut. C’est à cette question que la gauche syndicale, comme l’ensemble de la classe politique, doit répondre — pas en criant au danger, mais en proposant des solutions.