Bayonne : Chouzenoux arrête après des commotions cérébrales répétées

Un champion aquitain contraint de raccrocher

C’est une nouvelle qui pèse lourd dans le rugby régional. Baptiste Chouzenoux, troisième ligne de 32 ans, met un terme à sa carrière à l’Aviron Bayonnais, victime de commotions cérébrales à répétition. Une décision difficile, prise avant même l’expiration de son contrat dans un an, que le club actera officiellement ce samedi à l’issue du match face à Perpignan.

Douze années au plus haut niveau auront suffi à forger la légende de ce joueur enraciné en terres basques. Deux passages à Bayonne (2014-2017 et 2024-2026) encadrent sept années au Racing 92 (2017-2024), un parcours qui raconte l’attachement de Chouzenoux à ses racines régionales. Mais la répétition des traumatismes crâniens a eu raison de sa détermination.

La santé avant tout : une leçon pour le sport professionnel

Cette retraite anticipée pose une question de santé publique trop souvent occultée dans le rugby de haut niveau. Les commotions cérébrales ne sont pas des incidents banals : elles accumulent les risques neurologiques à long terme. Qu’un athlète de 32 ans, au sommet de ses capacités, préfère sa santé à la poursuite d’une carrière lucrative, c’est un signal que les instances du rugby ne peuvent ignorer.

Chouzenoux incarne ici une responsabilité personnelle dont on parle peu : celle de savoir quand s’arrêter, quand dire non à la tentation de continuer. Un discours pertinent dans une société qui valorise souvent l’abnégation sans limite au détriment du bien-être réel.

L’Aviron Bayonnais face à des changements majeurs

Ce départ n’est pas isolé. Onze autres joueurs quitteront l’effectif bayonnais samedi, marquant une profonde restructuration du club. Au-delà de Chouzenoux, c’est une équipe entière qui se réinvente. L’Aviron Bayonnais, institution du rugby régional, doit conjuguer ambition sportive et respect de la réalité humaine de ses athlètes.

Pour la Nouvelle-Aquitaine, le rugby reste un marqueur identitaire fort. Que ce soit à Bayonne, Bordeaux-Bègles ou Pau, ces clubs incarnent une fierté territoriale et une tradition d’excellence. Mais cette fierté doit rester compatible avec la protection de ceux qui la construisent.

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