Renaissance prépare un rassemblement pour éviter la tenaille extrêmes
Gabriel Attal durcit le ton. Le secrétaire général de Renaissance entend bien peser sur la présidentielle de 2027 en proposant, lors d’une réunion prévue le 10 juin, un calendrier de primaire pour désigner un candidat unique du bloc central. L’objectif affiché : empêcher « la tenaille entre La France insoumise et le Rassemblement national ».
Cette initiative marque une accélération politique à huit mois du scrutin. Après avoir officialisé sa candidature le 22 mai dans l’Aveyron, Attal met désormais sur la table des « propositions nouvelles » destinées aux partenaires de la majorité sortante. Franck Riester, numéro 2 de Renaissance, présentera ces propositions lors du prochain « comité de liaison ».
Un bloc central fragmenté et peu confiant
Cette démarche révèle cependant les tensions au sein d’une majorité présidentielle qui n’arrive pas à se fédérer. Le comité réunit les représentants de Renaissance, d’Horizons (parti d’Édouard Philippe), du MoDem, de l’UDI et accueillera mercredi la présidente du Parti radical. Les Républicains, emmenés par Bruno Retailleau également candidat, restent en dehors du jeu.
Édouard Philippe lui-même, pourtant ancien Premier ministre, a jeté un froid sur l’idée d’une primaire. Le 23 mai, sur France 5, il a déclaré : « La primaire, elle n’aura pas lieu. » Tout en reconnaissant ne pas être « contre le principe », Philippe estime que « le champ politique est beaucoup trop large et la confiance entre des partis beaucoup trop faible ».
Des candidats, des egos, pas de projet lisible
Voilà qui résume le dilemme : le bloc central a plusieurs candidats en lice (Philippe et Attal, au minimum), mais aucun ne semble disposé à céder le terrain sans combattre. La primaire est présentée comme une solution pour « permettre le rassemblement » et « porter un projet d’espoir pour les Français ». Or, c’est précisément ce défaut de projet fédérateur qui rend une primaire difficile à organiser.
Pour les électeurs de Nouvelle-Aquitaine attachés à l’ordre, à l’efficacité et au pragmatisme politique, ce spectacle suscite une question simple : tandis que la France fait face à des défis majeurs (sécurité, travail, frontières), les barons du centre se querellent-ils vraiment sur des calendriers et des modalités de vote interne ? Où est l’urgence ?
Un calendrier serré, des certitudes faibles
Le prochain comité du 10 juin devrait clarifier les contours d’une éventuelle primaire. Reste que les déclarations publiques contredisent souvent les arrangements en coulisses. Attal a déclaré « laisser tout ouvert sur la table, toutes les possibilités ». Philippe, lui, semble d’ores et déjà sceptique sur les chances de succès d’une telle opération.
À moins de trois mois d’une présidentielle, vouloir organiser une primaire revient à parier que l’électorat du centre – traditionnellement fragmenté et volatil – acceptera de se mobiliser deux fois en quelques semaines. C’est un pari osé dans un contexte où Les Républicains jouent leur propre jeu et où la droite libérale peine à séduire au-delà de ses fiefs historiques.
Les Aquitains observeront comment ces négociations évoluent. En attendant, le flou persiste sur ce que le bloc central compte vraiment offrir aux Français en 2027 : une alternance claire, ou une continuation du même ?