Un secteur en détresse financière
Le secteur social et médico-social non lucratif pousse un cri d’alarme. Aide à domicile, Ehpad, établissements pour personnes handicapées, foyers de réinsertion : ces organismes essentiels qui structurent notre proximité et notre solidarité de territoire réclament sept milliards d’euros de financement public supplémentaire pour assurer leur survie et revaloriser les salaires de leurs agents.
La situation est critique. Certains acteurs majeures sont déjà en redressement judiciaire, comme l’Œuvre de la Croix Saint-Simon à Paris. D’autres, parmi lesquelles le Secours catholique et l’Association des paralysés de France, ont lancé des plans sociaux. Ces signaux d’alarme ne trompent pas : le système qui prend soin de nos ainés, accompagne nos plus vulnérables et soutient la réinsertion sociale est à la limite de l’asphyxie financière.
Une question de souveraineté sociale
En Nouvelle-Aquitaine comme partout en France, ces structures représentent bien plus qu’une simple activité économique. Elles incarnent notre capacité à maintenir une solidarité ancrée dans les territoires, à préserver les liens humains face aux tentations de standardisation et de technocratie. Ce sont des milliers d’emplois locaux, souvent exercés par des femmes et des hommes motivés par le sens de l’engagement.
Or, sans un financement public à la hauteur des enjeux, comment pourrons-nous continuer à garantir une prise en charge décente de nos anciens ? Comment soutenir l’insertion de ceux qui en ont besoin ? La question financière devient alors une question d’identité et de capacité du pays à tenir ses responsabilités envers les siens.
Revalorisation salariale et pérennité
Au-delà de la survie des organismes, c’est la revalorisation des salaires qui est en jeu. Les métiers du care, du social, de l’accompagnement sont longtemps restés trop peu rémunérés, ce qui explique les difficultés récurrentes de recrutement et les tensions actuelles. Investir sept milliards, c’est aussi reconnaître la valeur de ces professionnels qui accomplissent un travail éminemment utile.
Les décideurs publics doivent se poser la question : souhaitons-nous pérenniser un secteur clé de notre modèle social, ou accepterons-nous une privatisation rampante et une marchandisation progressive de l’aide aux plus fragiles ? C’est à cette croisée que nous sommes.