Trois mille morts et une impasse diplomatique
La situation au Liban demeure critique. Depuis le début du conflit le 2 mars, les frappes israéliennes ont causé 3 526 morts, tandis que du côté israélien, on compte 27 soldats et un contractuel civil tués. Plus d’un million de personnes ont été déplacées, une crise humanitaire majeure aux portes de la Méditerranée.
En cette fin de semaine, les bombardements ne ralentissent pas. Des frappes nocturnes sur Tyr, dans le sud du Liban, ont tué sept personnes vendredi. Parmi les attaques, une frappe près de l’hôpital Jabal Amel a fait quatre morts et sept blessés, endommageant légèrement l’établissement.
Le Hezbollah rejette les négociations
Malgré les efforts diplomatiques américains, le scénario de sortie de crise s’enlise. Un accord de cessez-le-feu a été annoncé à Washington, mais le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, l’a rejeté jeudi. Son exigence : un cessez-le-feu global, sans distinction entre le sud du Liban et le reste du territoire, et le retrait complet des forces israéliennes.
Cependant, une lueur d’espoir : le président du Parlement libanais Nabih Berri, allié du Hezbollah pro-iranien, a déclaré vendredi être disposé à accepter le retrait du mouvement du sud du Litani en parallèle au retrait d’Israël, à condition que s’instaure un cessez-le-feu global et sans conditions.
Les opérations militaires se poursuivent
Sur le terrain, l’armée israélienne n’attend pas la fin des négociations. Elle a annoncé vendredi des frappes imminentes contre le Hezbollah dans plusieurs localités : Arqoun, Aarnaya, Kfar Fila (au nord du fleuve Litani) et Sarafand, en zone côtière entre Tyr et Saïda. Des appels à l’évacuation de la population civile ont été lancés.
Une crise alimentaire mondiale se dessine
Au-delà du Liban, les conséquences du conflit s’étendent à l’échelle planétaire. L’ONU avertit que le scénario d’une crise mondiale de la faim se concrétise. Le Programme alimentaire mondial avait prévu en mars que 45 millions de personnes supplémentaires pourraient souffrir d’insécurité alimentaire aiguë si la guerre se prolongeait et si le prix du pétrole restait au-dessus de 100 dollars le baril.
Autre sujet de grave préoccupation : une attaque de drone iranien du 17 mai contre la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis. Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a jugé que cette attaque « a gravement compromis la sûreté nucléaire », qualifiant l’incident de tabou absolu. L’impact a provoqué un incendie et nécessité le recours à des générateurs de secours.
Une région en chaos
Ces événements rappellent que le Moyen-Orient demeure une zone de tensions extrêmes, avec des enjeux qui dépassent les frontières du Liban ou de la Palestine. La stabilité régionale, l’approvisionnement énergétique, la sécurité alimentaire mondiale : autant de défis majeurs pour la stabilité internationale et pour nos régions.



