Moyen-Orient : cent jours de conflit, les prix de l’énergie menacent

Une escalade sans fin qui pèse sur nos portefeuilles

Ce dimanche, le conflit au Moyen-Orient franchit un cap symbolique : cent jours de tensions entre les États-Unis et l’Iran. Cent jours pendant lesquels les risques géopolitiques ne cessent de croître, menaçant directement la stabilité économique mondiale et, par ricochet, le pouvoir d’achat des Aquitains.

Samedi soir, l’armée américaine a abattu deux nouveaux drones iraniens en direction du détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce maritime mondial. En retour, Téhéran a tiré une salve de missiles contre des installations au Koweït et au Bahreïn. Washington en aurait abattu six, un septième ayant raté sa cible. Ce manège infernal s’accélère : vendredi déjà, quatre drones iraniens avaient été interceptés.

Les négociations piétinent dangereusement

Ce qui inquiète davantage nos lecteurs, c’est l’absence totale de progrès diplomatique. Washington et Téhéran dialoguent indirectement depuis des semaines, mais aucune avancée n’émerge. L’Iran exige que tout accord englobe la fin des hostilités au Liban, où Israël affronte le Hezbollah, tandis que les États-Unis cherchent à traiter les dossiers séparément. Cette impasse prolonge l’instabilité.

Sur le terrain libanais, malgré un supposé cessez-le-feu annoncé mercredi après quatre sessions de négociations à Washington, les affrontements se poursuivent. Samedi, trois soldats libanais ont été tués par une frappe israélienne, tandis que deux militaires israéliens ont perdu la vie. Le président libanais Joseph Aaoun dénonce une « violation flagrante de la souveraineté » et du droit international.

Les coûts explosent, l’économie trinque

Les chiffres vertigent. Selon le gouverneur de la banque centrale israélienne, Amir Yaron, le conflit déclenché le 7 octobre 2023 représente une facture de 405 milliards de shekels — soit près de 120 milliards d’euros — jusqu’à fin avril 2026. Cela équivaut à plus de 17% du PIB israélien.

La seule campagne contre l’Iran entre février et avril 2026 a coûté 35 milliards de shekels supplémentaires (10,5 milliards d’euros). Pour soutenir cet effort de guerre, Israël a emprunté massivement sur les marchés internationaux, au point que sa dette publique atteint désormais 69% du PIB, contre 60% avant les hostilités. Impôts et prélèvements sociaux ont dû augmenter.

À Dubaï même, symbole de stabilité régionale, les hôtels de luxe cassent leurs prix de 50% pour attirer les touristes locaux. Le secteur touristique, vital pour l’économie du Golfe, dépérit sous l’incertitude sécuritaire.

Quand les tensions mondiales frappent à nos portes

Pour la Nouvelle-Aquitaine, entreprises et ménages ressentent les répercussions : hausse des coûts énergétiques, instabilité des chaînes d’approvisionnement, craintes inflationnistes. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite un tiers du pétrole maritime mondial, reste une zone de tensions quasi permanentes.

Ce 100e jour du conflit n’annonce rien de bon. Tant que Téhéran et Washington ne trouvent pas de terrain d’entente crédible, tant que le Hezbollah rejette les accords en vigueur, la région restera une poudrière. Et nous, en France, en subirons les contrecoups économiques.

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