Centres de loisirs : les maires doivent vérifier l’honorabilité avant l’été

Protéger les enfants, c’est d’abord un devoir de vigilance

À quelques semaines de l’ouverture des centres de loisirs estivaux, l’association #MeTooEcole lance un appel urgent aux maires de Nouvelle-Aquitaine. Son message est sans détour : vérifier l’honorabilité des animateurs avant de les recruter n’est pas une formalité administrative, c’est une responsabilité de protection de l’enfance que les collectivités ne peuvent pas déléguer ou reporter.

Cet appel intervient en attente de l’adoption définitive au Sénat d’une loi spécifiquement dédiée au contrôle d’honorabilité et à la protection des mineurs en structure d’accueil. Mais les maires n’ont pas le luxe d’attendre. Les vacances arrivent. Les enfants seront bientôt confiés à des animateurs. La question est brutale : savons-nous vraiment qui encadre nos enfants pendant l’été ?

Un vide réglementaire que les collectivités peuvent combler

Le constat qui sous-tend cet appel est troublant. Entre aujourd’hui et l’adoption définitive de la loi, existe un vide que chaque mairie peut et doit combler par elle-même. Cela signifie que la vigilance sur l’honorabilité des personnels repose aujourd’hui sur la diligence locale, pas sur un cadre national unifié.

Pour les familles aquitaines qui confient leurs enfants aux structures municipales, c’est une source légitime d’inquiétude. Pour les élus locaux, c’est un rappel : la protection de l’enfance est une question de souveraineté communale. On ne la délègue pas, on ne la repousse pas.

Une mobilisation attendue des maires

L’association #MeTooEcole ne demande donc pas un effort extraordinaire, mais une mise à jour méthodique des pratiques de recrutement. Vérifier les antécédents, consulter les fichiers pertinents, poser les bonnes questions — ces mesures existent déjà en droit français. Elles ne demandent qu’à être appliquées systématiquement, avant l’été.

C’est un test de sérieux pour nos municipalités. Les maires qui s’en détourneraient enverraient un message dangereux : que la commodité administrative prime sur la sécurité des enfants. Aucune commune de Nouvelle-Aquitaine ne peut se permettre cela.

En attente d’une loi enfin adaptée

Cette mobilisation locale est aussi un message politique. Oui, une loi de protection renforcée est en préparation. Oui, elle passera par le Sénat. Mais non, les collectivités territoriales ne peuvent pas attendre son adoption pour agir. La protection de l’enfance ne doit pas être otage du calendrier parlementaire.

Les maires qui prennent dès maintenant les mesures de vérification proposées par #MeTooEcole enverront le bon signal à leurs électeurs : on ne plaisante pas avec la sécurité des petits, et on n’attend pas que Paris ordonne ce que la décence exige déjà.

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