Une réalité qui frappe de plein fouet le secteur privé français : depuis 2019 et la crise du Covid, les arrêts maladie ont bondi de plus de 25 %. Ce n’est pas un chiffre anecdotique, mais le symptôme d’une dégradation profonde de la santé au travail et du moral des salariés, particulièrement dans nos régions d’Aquitaine où l’économie repose largement sur les petites et moyennes entreprises.
Les cadres en première ligne
L’étude de Malakoff Humanis, publiée en juin 2026, révèle que cette hausse de l’absentéisme frappe particulièrement les cadres. Ce n’est pas anodin : ce sont souvent ceux qui portent l’entreprise sur les épaules, qui assurent sa continuité et son développement. Les voir massivement en arrêt traduit une fatigue structurelle, une perte de confiance ou un mal-être qui ronge de l’intérieur.
La santé mentale, vrai coupable
Derrière ces chiffres : la santé mentale. Les arrêts ne sont plus seulement liés aux grippes ou aux maux physiques classiques. C’est du burn-out, de l’anxiété, de la dépression. Des maux invisibles mais bien réels, qui se multiplient depuis le Covid et les transformations chaotiques du monde du travail qu’il a entraînées.
Les salariés aquitains, comme partout en France, ont connu le télétravail imposé, les incertitudes économiques, la remise en question des repères professionnels. Deux années turbulentes qui ont laissé des traces.
Une question de gouvernance d’entreprise
Faut-il s’en prendre uniquement aux salariés ? Non. Cette explosion de l’absentéisme pose une question plus large : celle de la qualité du management, de la charge de travail imposée, des perspectives offertes aux salariés. Comment expliquer qu’en cinq ans, le taux d’absentéisme augmente d’un quart ? Ce n’est pas normal, ce n’est pas acceptable.
Les entreprises doivent se remettre en question. Les collectivités publiques qui les accompagnent aussi. Le bien-être au travail n’est pas un luxe parisien ou un slogan de consultant : c’est une condition sine qua non de la productivité, de la loyauté des salariés et de la stabilité économique des territoires.
Un enjeu de souveraineté économique
Plus largement, cette tendance met en péril notre capacité à produire et à concurrencer à l’international. Si les salariés du privé s’effondrent, c’est l’économie régionale qui s’affaiblit. C’est la viabilité de nos PME et ETI qui est en question.
Les patrons d’Aquitaine, du Limousin au Pays basque, doivent reprendre la main. Pas avec la baguette, mais avec du dialogue, du respect, de vraies perspectives. Et les politiques doivent cesser d’aggraver la situation avec une fiscalité étouffante et une bureaucratie paralysante.
Les chiffres de Malakoff Humanis sont un signal d’alarme. À nous de le prendre au sérieux.
