Lyhanna : obsèques ce vendredi, la justice aquitaine sous le feu des questions

Une fillette, des défaillances judiciaires, une région en deuil

Les obsèques de Lyhanna, collégienne de 11 ans, se déroulent ce vendredi 12 juin à Fleurance, dans le Gers. Depuis la découverte de son corps le 4 juin, deux semaines après sa disparition du 29 mai, la Nouvelle-Aquitaine et la France entière se posent les mêmes questions : comment un enfant a-t-il pu être enlevé et tué alors que son principal suspect faisait déjà l’objet de plusieurs plaintes et signalements pour violences sexuelles sur mineurs ?

Le suspect en détention au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan n’avait jamais été interpellé ni même convoqué malgré ces antécédents. Un blanc de l’État qui ravive la colère publique et demande des comptes aux institutions.

La machine judiciaire en question

La Sénat a lancé cette semaine une commission d’enquête sur les dysfonctionnements de la justice. L’association Innocence en Danger demande solennellement la création d’une commission d’enquête parlementaire spécifique aux affaires de criminalité sexuelle organisée à dimension transnationale, conduites depuis dix ans en France.

La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet s’est déclarée « tout à fait favorable » à cette commission d’enquête parlementaire, estimant que le contrôle de l’action gouvernementale et des pouvoirs publics fait « pleinement » partie de sa mission.

Le gouvernement se mobilise, mais les critiques persistent

Face à la mobilisation populaire — des milliers de personnes rassemblées en Gironde pour rendre hommage à la fillette — le gouvernement accélère. La ministre de la Santé et des Familles travaille à simplifier le signalement des enfants en danger par les professionnels de santé, voire à le rendre obligatoire. De nouvelles mesures sont aussi envisagées : renforcement des peines pour violeurs en série sur mineurs, délai maximal de trois mois pour les actes d’enquête concernant les crimes sur enfants.

Ces annonces interviennent après que plusieurs appels à la démission du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, ont émergé de l’opposition. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a fermement soutenu son collègue jeudi, rejetant ces appels comme du « politicianisme ».

L’opinion publique reste méfiante

Selon un sondage Odoxa publié jeudi, sept Français sur dix ont une « mauvaise opinion de la Justice », un sentiment en hausse de 14 points depuis février. Seule une minorité de 39 % souhaite la démission de Darmanin. Pour 56 % des sondés, le drame résulte avant tout de « responsabilités individuelles » de magistrats, contre 42 % qui y voient un manque de moyens de la Justice.

En Nouvelle-Aquitaine, cette affaire ravive des questions plus larges : comment protéger les enfants quand le signalement ne fonctionne pas ? Pourquoi des plaintes restent sans suite ? Comment restaurer la confiance dans les institutions censées défendre les plus vulnérables ? Ces questions attendront au-delà de vendredi.

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