Brexit : dix ans après, Londres regrette son départ de l’UE

Un revirement britannique qui ne convainc pas Bruxelles

Dix ans après le référendum du 23 juin 2016, le Royaume-Uni mesure l’ampleur de sa décision. Les sondages d’opinion le confirment : une nette majorité des Britanniques sont désormais persuadés que quitter l’Union européenne était une erreur. Un revirement spectaculaire pour une nation qui avait choisi, par le vote, de tourner le dos à Bruxelles.

Mais le regret britannique ne suffit pas à ouvrir les portes de l’Europe. Les 27 États membres restent prudents face à une hypothétique réadhésion du Royaume-Uni. Une attitude révélatrice : après des années de négociations difficiles et de tensions, l’Union européenne n’est pas prête à accueillir à bras ouverts celui qui l’a quitté.

L’Europe tire les leçons du Brexit

Ce refroidissement européen n’est pas surprenant. Le Brexit a coûté cher politiquement et économiquement à Bruxelles. Les institutions communautaires ont dû gérer une sortie sans précédent, renégocier des accords commerciaux et absorber les chocs de ce divorce tumultueux. Les États membres ont découvert qu’un membre de l’UE pouvait s’en aller, malgré les institutions et les promesses de l’intégration.

Au-delà de ces considérations pratiques, le Brexit pose une question existentielle à l’Europe : celle de son attrait et de sa stabilité. Si le Royaume-Uni cherche à revenir, c’est aussi un aveu que le projet européen offre une meilleure alternative. Mais les dirigeants européens ne veulent pas donner l’impression que l’UE reste un club où l’on entre et sort à volonté.

La souveraineté en question

Pour nos lecteurs aquitains et français attachés à la souveraineté, ce dossier rappelle une vérité majeure : les engagements européens sont sérieux, mais ils demandent des concessions. Le Royaume-Uni a choisi de reprendre sa liberté en 2016. Cette liberté, il l’a payée. La prudence actuelle de Bruxelles face à une réintégration possible montre que l’Union européenne, malgré ses critiques, impose des conditions et défend ses intérêts collectifs.

Le débat sur une réadhésion britannique ne devrait pas masquer une réalité plus large : les choix politiques des peuples ont des conséquences durables. Le vote britannique de 2016 a redessiné les rapports entre Londres et le continent. Même les regrets ne suffisent pas à effacer une décision historique.

À l’heure où la France et la Nouvelle-Aquitaine réfléchissent à leur place en Europe, cette leçon vaut la peine d’être retenue.

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