Téhéran ferme le détroit stratégique en réaction aux frappes israéliennes
La situation au Moyen-Orient se complexifie dangereusement. Alors qu’un accord entre Washington et Téhéran semblait devoir calmer les tensions cette semaine, l’Iran a annoncé samedi 20 juin la fermeture du détroit d’Ormuz, l’une des voies maritimes les plus stratégiques de la planète. Le commandement central de l’armée iranienne justifie cette mesure par les attaques israéliennes persistantes dans le sud du Liban, en violation selon lui du protocole d’accord signé mercredi entre les États-Unis et l’Iran.
« Le détroit d’Ormuz sera fermé au trafic maritime. Cette première mesure est une réponse à la violation des engagements par l’ennemi », a déclaré l’état-major iranien dans un communiqué. Pire : « Si l’agression se poursuit, d’autres mesures seront planifiées et mises en œuvre pour contraindre l’ennemi à respecter ses obligations ».
Nouvelle-Aquitaine en première ligne des chocs énergétiques
Pour nos régions, pour nos entreprises, pour nos porte-monnaie, cette escalade géopolitique n’est pas une simple affaire lointaine. Le détroit d’Ormuz est le passage obligé de 21 % du pétrole mondial transporté par voie maritime. Son blocage signifie : flambée des prix de l’énergie, renchérissement des transports, perturbation des chaînes logistiques. Les secteurs pétrolier et portuaire aquitains, déjà fragilisés, subiraient de plein fouet les conséquences.
Samedi matin, la Défense civile libanaise a signalé 16 morts et 12 blessés dans le district de Nabatiyé suite à des frappes aériennes israéliennes. Ces attaques surviennent après l’annonce d’un cessez-le-feu censé être inclus dans le protocole d’accord. Un cessez-le-feu qui vole en éclats.
Les négociations américano-iraniennes s’enlisent
Les pourparlers initialement prévus vendredi à haut niveau entre Washington et Téhéran ont été suspendus en Suisse. Des discussions « préparatoires » se tiennent samedi à Bürgenstock, près de Lucerne, sous médiation helvétique, mais l’envoyé américain Steve Witkoff et l’émissaire Jared Kushner sont en route pour la Suisse afin de tenter de relancer les négociations techniques. Un signe que les choses ne progressent pas.
L’accord de cette semaine visait à mettre fin à la guerre débutée le 28 février avec des frappes américano-israéliennes ayant tué le guide suprême Ali Khamenei. Depuis, le conflit a embrasé la région, perturbé les exportations pétrolières et entraîné des réductions de production massives. L’Irak, deuxième producteur majeur de pétrole, prévoit un retour à son niveau d’avant-guerre « d’ici un à deux mois » grâce à la stabilisation espérée.
L’incertitude règne
Mais cette stabilisation s’éloigne à mesure que les violations du cessez-le-feu s’accumulent. Le blocage du détroit d’Ormuz n’est qu’une menace pour le moment, mais c’est une menace prise très au sérieux par les marchés mondiaux. Les autorités régionales aquitaines et les chefs d’entreprise doivent se préparer à des chocs énergétiques supplémentaires si la situation s’aggrave. C’est notre sécurité énergétique qui se joue à des milliers de kilomètres, avec les conséquences que cela implique pour notre pouvoir d’achat et notre compétitivité économique.