Un projet pour « renouer avec la mixité sociale »
Raphaël Glucksmann, eurodéputé de Place Publique et probable candidat à la présidentielle, propose de relancer les colonies de vacances en France. Son idée : instaurer un « passeport » permettant à chaque enfant d’accéder à des séjours collectifs, afin de généraliser cette pratique au plus grand nombre.
L’objectif affiché est de « renouer avec une tradition française qui était celle de la mixité sociale par les vacances ». Un principe qui résonne avec les valeurs de transmission et de cohésion sociale, même s’il mérite examen.
Au-delà des colonies : un service civique obligatoire
L’eurodéputé ne s’arrête pas là. Il préconise également l’instauration d’un service civique obligatoire et universel, complément à sa vision d’une jeunesse mieux encadrée et mobilisée autour de projets communs.
Une ambition qui soulève des questions
Le projet porte en lui une belle intention : offrir à tous les enfants, quelle que soit leur condition, l’accès à des vacances collectives structurantes. Historiquement, les colonies de vacances ont marqué des générations en leur permettant de grandir ensemble, loin du domicile.
Reste à interroger les modalités concrètes : quel budget public ? Quel pilotage ? Comment éviter que cet outil, louable dans son principe, ne devienne une usine à gaz bureaucratique ? Comment garantir que cette « mixité sociale » recherchée ne se réduise pas à une simple juxtaposition administrative d’enfants ?
La question du financement et de l’organisation territoriale sera décisive. En Nouvelle-Aquitaine, où les territoires sont diversifiés, un tel dispositif devrait s’adapter aux réalités locales plutôt que de suivre un modèle unique descendant de Paris.
Une vision de la jeunesse à débattre
Au-delà du dispositif, ces propositions traduisent une certaine vision de la jeunesse française : encadrée, mobilisée, inscrite dans des projets collectifs. Une vision qui plaira à certains, en questionnera d’autres sur le rôle respectif de l’État, de la famille et de la liberté individuelle.
Pour les Aquitains soucieux de l’avenir de leurs enfants et des finances publiques, l’enjeu sera de suivre précisément comment cet ambitieux programme pourrait se concrétiser, à quel coût, et avec quels résultats réels en matière de cohésion sociale.

