La mère d’une victime présumée attaque la Justice en justice
L’affaire Lyhanna franchit une nouvelle étape judiciaire. La mère d’une mineure qui avait déposé plainte pour viol sur mineure va déposer à son tour plainte contre l’État et contre le ministre de la Justice Gérald Darmanin. Une annonce faite mardi par l’avocat de la famille, Pierre Debuisson, sur RTL.
Au total, ce sont trois nouvelles plaintes qui seront déposées par la mère de cette mineure, celle-ci ayant enregistré une première plainte en août dernier pour les faits qui lui reprochés.
Quand la machine judiciaire se retourne contre elle-même
Cette décision révèle une réalité que les Aquitains connaissent bien : le doute qui s’installe quand une famille estime que l’État n’a pas assuré sa mission première — protéger les plus vulnérables. Ce n’est pas une critique légère. C’est l’acte d’une mère qui, après avoir frappé à la porte de la Justice, la poursuit en justice elle-même.
La question que chacun se pose est simple : comment en est-on arrivé là ? Qu’y a-t-il eu, dans la chaîne de traitement des plaintes et dans la gestion de ce dossier, qui justifie aujourd’hui de mettre en cause le Garde des Sceaux et l’État français lui-même ?
Une affaire qui interpelle
L’affaire Lyhanna a marqué les esprits en Nouvelle-Aquitaine et au-delà. Elle pose des questions fondamentales sur la protection des mineurs, sur la réactivité de nos institutions face aux signalements, et sur la chaîne de responsabilité qui va de la police aux parquets, jusqu’au sommet de la hiérarchie ministérielle.
Pour une famille qui vit en région, le message est clair : faire confiance aux institutions, c’est bien. Mais quand cette confiance est déçue, reste la question brûlante de la responsabilité. Qui répond ? Qui paie ? Comment éviter que d’autres familles ne traversent le même calvaire ?
Les prochains jours nous diront si les plaintes seront jugées recevables et quels éléments de procédure elles mettront au jour. Ce que nous savons déjà, c’est qu’une mère n’abandonne pas — et qu’elle force l’État à rendre des comptes.

