Bordeaux : l’accès inégal au russe divise les familles du collège

Une option réservée à quelques élèves

Au collège Cassignol de Bordeaux, une situation qui interpelle directement les familles aquitaines : l’enseignement du russe, proposé en section bilangue anglais-russe, serait en passe de devenir un privilège géographique. Sur les 15 demandes de dérogation examinées en juin 2026, seulement quatre ont reçu une réponse favorable.

Pour une enseignante de l’établissement, Célia Prost, ce bilan révèle un dysfonctionnement majeur. Son plaidoyer est direct : « le russe doit échapper à la logique de la carte scolaire ». Un appel qui résonne auprès de tous ceux qui défendent l’égalité d’accès à l’éducation sur le territoire.

Quand la proximité résidentielle détermine les opportunités

Le système actuel crée une inégalité de facto : seuls les jeunes vivant à proximité du collège Cassignol pourraient accéder à cet apprentissage linguistique. Or, on le sait en Aquitaine comme ailleurs, le domicile ne doit jamais être un obstacle à l’égalité des chances. C’est particulièrement vrai pour les options éducatives qui enrichissent le cursus scolaire.

Cette restriction géographique pose une question simple mais dérangeante : pourquoi un élève bordelais, vivant à quelques kilomètres de l’établissement, devrait-il être privé de l’occasion d’étudier une langue que ses parents jugent utile ? La réponse administrative — « c’est hors de votre secteur » — ne satisfait plus les familles.

Un risque : la disparition de la section

L’inquiétude de l’enseignante ne s’arrête pas là. Elle craint que la section bilangue soit purement et simplement supprimée, faute de suffisamment d’inscrits pour la rentabiliser. Ce serait une perte pour toute la région.

Le russe demeure une compétence rare et stratégique : elle ouvre des horizons professionnels, facilite les échanges culturels, et distingue les profils à l’heure où les langues deviennent des atouts majeurs. Sacrifier cette option sur l’autel de la carte scolaire serait une erreur de gestion éducative.

Les collectivités doivent trancher

Il appartient désormais aux responsables éducatifs — rectorat, collectivités territoriales — de clarifier leur vision. Soit on considère que certaines options doivent rester confinées à un établissement précis par manque de moyens, soit on accepte que l’égalité d’accès prime sur la logique administrative des secteurs.

En Nouvelle-Aquitaine, terre de proximité et de pragmatisme, on peut attendre mieux que des non-réponses bureaucratiques. Les familles méritent de savoir sur quels critères leurs enfants sont acceptés ou refusés. Et les enseignants comme Célia Prost, qui s’engagent dans l’excellence pédagogique, doivent être soutenus plutôt que paralysés.

L’enjeu dépasse le seul apprentissage du russe : c’est celui de l’égalité réelle, loin du politiquement correct, fondée sur les faits et les résultats.

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