La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) rend son verdict lundi. Un rapport d’évaluation très attendu qui examinera comment l’exécutif a mis en œuvre, depuis deux ans, les dizaines de recommandations formulées par cet organisme.
Le contexte est lourd. L’affaire de Lyhanna a ravivé les plaies et rappelé aux Français les failles béantes de notre chaîne judiciaire. Face à une opinion publique légitimement préoccupée par la protection de nos enfants, le gouvernement devra rendre des comptes sur les actes concrets engagés.
Un gendarme indépendant, parfois gênant
Dirigée par le juge des enfants Édouard Durand, la Ciivise s’est fait connaître en ne mâchant pas ses mots. Elle avait d’ailleurs dénoncé avec vigueur le traitement judiciaire réservé aux enfants victimes d’inceste et les obstacles systématiques que rencontrent les mères tentant de les protéger. Des critiques qui n’avaient pas plu à tous : le gouvernement d’Élisabeth Borne avait par la suite écarté cet homme gênant.
Cette tension révèle une réalité inconfortable : les recommandations des experts ne sont pas toujours bienvenues quand elles mettent en lumière l’inaction ou l’improvisation administrative.
Un enjeu de proximité et de souveraineté
Pour les familles de Nouvelle-Aquitaine comme ailleurs en France, cette évaluation pose une question centrale : l’État protège-t-il vraiment nos enfants ? Ou se contente-t-il de belles promesses sans moyens réels ?
La proximité des services, la célérité des procédures, la formation des magistrats, le financement des structures d’aide aux victimes — autant de leviers que le rapport devrait scruter. Car la sécurité des mineurs n’est pas un luxe : c’est une obligation régalienne, une priorité absolue qui doit primer sur le laxisme administratif et les calculs politiciens.
Les Aquitains attendent des réponses concrètes, chiffrées, vérifiables. Pas des communiqués de presse.