Dépassements médicaux : 90 % des spécialistes concernés d’ici 2040

L’accès aux soins se fragilise en Nouvelle-Aquitaine

C’est un signal d’alarme que les Aquitains doivent entendre. Selon le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM), les dépassements d’honoraires des médecins spécialistes vont plus que doubler d’ici à 2040, dépassant les 10 milliards d’euros. Aujourd’hui déjà, plus d’un spécialiste sur deux pratique des dépassements. En quinze ans, ce pourraient être 90 % d’entre eux.

Pour les familles de Gironde, du Limousin ou des Pyrénées-Atlantiques, le message est clair : accéder aux soins va coûter de plus en plus cher. Une consultation chez un cardiologue, une IRM, une intervention chez un chirurgien — autant de dépassements qui s’accumulent et creusent les inégalités entre ceux qui peuvent se les payer et les autres.

Un système qui se fragmentise

Cette tendance révèle l’impasse d’un système de santé qui s’étiole. Pendant que Bruxelles impose ses politiques, pendant que les effectifs manquent et que les hôpitaux publics s’essoufflent, les médecins font le choix rationnel de chercher des revenus complémentaires. Ce n’est pas une critique contre eux — c’est un constat d’échec des politiques publiques.

Le symptôme est grave. Lorsque 90 % des spécialistes pratiquent des dépassements, c’est l’accès équitable aux soins qui disparaît. Les patients des zones rurales du Lot-et-Garonne, de Charente ou des Landes, déjà fragilisés par le manque de praticiens, se retrouveront à choisir entre consulter un spécialiste et payer les factures du mois.

Reprendre le contrôle

Il y a une urgence à redéfinir les conditions d’exercice de la médecine : rémunérations suffisantes dans le secteur public, régulation mieux pensée du secteur privé, ou recours à des mesures qui protègent réellement le pouvoir d’achat des ménages. La santé ne peut pas devenir un luxe.

Les données du HCAAM sont implacables. Elles nous rappellent qu’une région, qu’un pays, se juge à sa capacité à soigner ses habitants sans les ruiner. Sur ce critère, la Nouvelle-Aquitaine de 2040 risque de ressembler à un patchwork d’inégalités — ce que les lecteurs de nos territoires ne méritent pas.

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