Europe : Bruxelles accélère pour conquérir sa souveraineté numérique

La riposte européenne face aux géants américains

Bruxelles ne peut plus attendre. La Commission européenne dévoile mercredi des propositions très attendues pour défendre la « souveraineté technologique » du continent face à la domination des géants américains des services numériques. Un enjeu stratégique qui concerne directement nos entreprises, nos emplois et notre indépendance économique.

Au cœur de la stratégie : trois piliers essentiels. D’abord, réduire drastiquement le recours aux services numériques américains. Ensuite, développer une véritable capacité de production européenne de puces électroniques. Enfin, muscler l’offre continentale en intelligence artificielle et cloud computing, domaines où nous sommes largement distancés.

Un retard qui pèse lourd

Soyons honnêtes : l’Europe part de très loin. Notre capacité à muscler notre offre numérique suscite de nombreux doutes, notamment au regard de nos précédentes tentatives dans le secteur. Alors que la Nouvelle-Aquitaine, comme d’autres régions françaises, compte des talents, des chercheurs et des PME dynamiques, nous restons dépendants d’infrastructures contrôlées de l’autre côté de l’Atlantique.

C’est un risque qui ne cesse de croître. Nos données, nos innovations, nos secrets industriels transitent par des serveurs dont nous ne maîtrisons pas les règles. Nos PME du numérique, basées à Bordeaux, Angoulême ou ailleurs en région, sont prisonnières d’écosystèmes numériques qu’elles ne contrôlent pas. C’est inacceptable pour un continent de plus de 400 millions d’habitants.

Des défis redoutables

Les initiatives bruxelloises visent juste, mais le chemin est semé d’embûches. Bruxelles doit s’attendre à une nouvelle crise avec Washington : les États-Unis ne verront pas d’un bon œil une Europe qui se redresse dans ces domaines stratégiques. Les tensions commerciales et technologiques vont s’accélérer.

Mais l’enjeu est trop crucial pour céder à la frilosité. La souveraineté technologique n’est pas un luxe, c’est une condition de notre liberté politique et économique. Nos régions ont un rôle à jouer : soutenir les initiatives locales, favoriser les transferts de technologie, créer des écosystèmes d’innovation où les entreprises françaises et européennes peuvent prospérer sans dépendre des décisions d’une multinationale californienne.

Agir vite et massivement

Les mesures que Bruxelles s’apprête à dévoiler doivent être ambitieuses et rapides. La fenêtre de tir ne restera pas ouverte longtemps. Nos concurrents américains et chinois ne dorment pas. Ils investissent massivement quand nous débattons.

La Nouvelle-Aquitaine, avec son tissu industriel dynamique et sa tradition d’innovation, doit être au cœur de cette reconquête. C’est une question de fierté et de survie économique. L’Europe n’a pas besoin de demander la permission à Big Tech pour bâtir son avenir numérique. Elle doit le saisir.

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