Florence restaure les fresques de Giotto pour septembre

Un chef-d’œuvre de la Renaissance retrouve ses couleurs

À Florence, un grand chantier de restauration touche à sa fin. Les fresques du maître Giotto di Bondone, qui ornent la chapelle Bardi de la basilique Santa Croce depuis le XIVe siècle, reçoivent actuellement les dernières retouches après quatre années de travaux intensifs. L’inauguration est prévue en septembre.

Ces peintures murales, commencées peu après 1317 selon les estimations des historiens de l’art, racontent la vie de saint François d’Assise, saint patron de l’Italie. Elles constituent l’un des témoignages majeurs de l’émergence de la Renaissance italienne, un moment charnière où l’art occidental s’est reinventé.

Un investissement massif pour préserver l’héritage

La restauration a représenté un coût dépassant le million d’euros. C’est dire l’importance accordée par les autorités italiennes à la conservation de ce patrimoine. Des journalistes ont récemment été invités à monter sur les échafaudages qui ont masqué l’accès aux fresques pendant ces quatre années de travail minutieux.

Cet effort de restauration rappelle une vérité que nos lecteurs comprendront : le patrimoine n’est pas une abstraction. C’est l’âme d’une civilisation, l’expression matérielle de ce qui nous unit à nos ancêtres et nous définit face au monde. Quand l’Italie investit plus d’un million d’euros pour que les fresques de Giotto retrouvent leur éclat, elle dit quelque chose d’essentiel : nous gardons nos racines vivantes.

Une leçon pour nous

En Nouvelle-Aquitaine, nous avons nos propres trésors : les églises romanes de Dordogne, l’abbaye de Saint-Savin, les fresques régionales. Trop souvent, ces restaurations traînent faute de moyens, faute de volonté politique. Le chantier florentin devrait nous inspirer : investir dans la préservation de son patrimoine, c’est investir dans son identité.

Giotto, par ses fresques, a posé les fondations de l’art occidental moderne. Elles méritaient d’être sauvées. Nos monuments aussi. La question n’est pas de savoir si nous pouvons nous le permettre — c’est de savoir si nous pouvons nous permettre de ne pas le faire.

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