Un candidat à la présidentielle 2027 place les enjeux technologiques au cœur de son projet
Lors de son premier meeting de campagne samedi à Aubervilliers, Raphaël Glucksmann, leader de Place publique, a frontalement désigné les grandes entreprises technologiques comme priorité politique : « Notre ennemi s’appelle Elon Musk, Sam Altman, Zhang Yiming ». Un positionnement qui place la souveraineté numérique au cœur de son projet pour l’élection présidentielle de 2027.
Le dirigeant du mouvement politique a rassemblé environ 2 000 soutiens pour ce meeting inaugural, dans un contexte où la campagne s’intensifie. À titre de comparaison, Jean-Luc Mélenchon, leader insoumis également en campagne, avait mobilisé 26 000 personnes à Saint-Denis le week-end précédent selon les chiffres de La France insoumise.
La souveraineté numérique, sujet structurant
En plaçant nommément ces trois figures majeures de l’industrie technologique mondiale en ligne de mire, Glucksmann soulève une question qui fait écho aux préoccupations légitimes de nombreux Français : celle de notre indépendance vis-à-vis des géants américains et chinois qui façonnent notre quotidien numérique.
La souveraineté technologique est un enjeu qui dépasse les clivages partisans. Elle interroge notre capacité à maîtriser nos données, notre économie numérique, et finalement notre autonomie de décision face à des concentrations de pouvoir sans équivalent historique. Pour les régions comme la Nouvelle-Aquitaine, où le secteur public et les entreprises régionales restent des piliers de l’économie locale, cette question revêt une importance particulière.
Un débat qui s’impose
Que l’on soit d’accord ou non avec la formulation de Glucksmann, son positionnement a le mérite de poser publiquement une question que les gouvernements successifs esquivent : comment la France peut-elle préserver son autonomie stratégique dans un monde numérique dominé par quelques acteurs mondiaux ?
Ces trois dirigeants représentent effectivement des entreprises (Tesla, OpenAI et ByteDance) dont l’influence sur nos sociétés, nos économies et nos choix politiques s’accroît chaque année. C’est un fait établi qui mérite débat démocratique.
Reste que le débat politique français gagnerait à dépasser les listes noires pour proposer des solutions concrètes : investissements publics dans les technologies françaises et européennes, régulation européenne efficace, soutien aux champions locaux. Des sujets qui intéressent directement les Aquitains.