Une épreuve critiquée par les enseignants
Depuis lundi, les élèves de terminale générale et technologique passent l’ultime épreuve du baccalauréat : le grand oral. Pourtant, cinq ans après son introduction en 2021, cette mesure phare de la réforme Blanquer de 2019 reste vivement contestée par le corps enseignant, qui dénonce un format inadapté et inefficace.
Le constat est sans appel : le format de l’épreuve n’est pas opérant, selon les critiques formulées par les professionnels de l’éducation. Les lycéens se présentent avec deux questions préparées en amont avec leurs professeurs sur leurs spécialités, un dispositif censé évaluer leur capacité à s’exprimer et à argumenter à l’oral.
L’IA, nouvel adversaire des examinateurs
Mais depuis quelques années, un problème majeur s’est imposé : l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle par les candidats pour préparer leurs réponses. Les enseignants pointent du doigt cette dérive, qui détourne l’esprit de l’épreuve et fausse les résultats. Comment évaluer véritablement la maîtrise d’un sujet et l’authenticité de la pensée d’un jeune quand ses réponses sortent tout droit d’un algorithme ?
C’est une question que nos gouvernants auraient dû anticiper. Alors que la technologie avance à pas de géant, l’Éducation nationale semble toujours à la traîne, confrontée à des problèmes qu’elle n’avait pas prévus.
Des réformes sans vision long terme
Ce qui agace particulièrement les observateurs du terrain, c’est le manque de réflexion stratégique. Pourquoi imposer une épreuve orale si son format crée plus de problèmes qu’il n’en résout ? Pourquoi ne pas adapter rapidement les critères d’évaluation face à la montée en puissance de l’IA ?
Nos enfants méritent mieux qu’une usine à gaz pédagogique où les réformes s’empilent sans cohérence. Les familles de Nouvelle-Aquitaine, comme partout en France, attendent une vraie politique éducative : claire, efficace et tournée vers l’excellence, pas vers l’expérimentation permanente sur le dos de nos jeunes.
Le grand oral était censé moderniser le baccalauréat. Cinq ans après, le bilan est éloquent : une épreuve qu’on tolère plutôt qu’on n’apprécie.