Justice défaillante : le gouvernement accélère face à la colère du Sud-Ouest

Un drame qui réveille les responsabilités

Plus de 6 000 Aquitains ont manifesté lundi soir devant les tribunaux. Leur message était clair : le système judiciaire ne protège pas nos enfants. Cette vague de rassemblements, du Gers à Bordeaux, exprime une exaspération légitime face aux manquements répétés dans le traitement des plaintes pour agressions sexuelles et viols visant mineurs et femmes.

Le gouvernement a entendu. Sébastien Lecornu convoque ce mardi ses ministres pour envisager de nouvelles mesures législatives. Une réaction de circonstance, certes, mais qui montre que la pression populaire produit enfin des effets.

De la rhétorique à l’action

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a tenté lundi de désamorcer la crise en déclarant qu’il ne démissionnerait pas et en niant que les dysfonctionnements judiciaires résultent d’un manque de moyens. Une position qui sonne creux aux oreilles des procureurs généraux qu’il venait de convoquer : ceux-ci pointent précisément l’insuffisance des ressources comme l’une des causes majeures du traitement trop lent des dossiers.

Voilà bien le cœur du problème. Pendant que Paris débat, la Justice de terrain manque de bras et d’outils pour faire son travail. Les citoyens du Sud-Ouest le savent : on ne construit pas une justice rapide et efficace avec des promesses, on la construit avec des budgets et des effectifs.

Les réponses annoncées

Le Premier ministre envisage d’«enrichir» un projet de loi sur la protection de l’enfance présenté fin mai, par le biais d’une saisine rectificative du Conseil d’État. Parallèlement, il souhaite «accélérer» l’examen d’une proposition de loi transpartisane sur les violences sexistes et sexuelles. Certaines dispositions pourraient être prises par voie réglementaire.

Sur le papier, cela paraît mobilisé. Reste à voir si ces mesures adresseront enfin les blocages réels : comment rendre les procédures plus rapides ? Comment renforcer la formation des magistrats ? Comment améliorer le signalement et la coordination entre services ?

L’attente des territoires

Les Aquitains qui se sont mobilisés lundi ne demandent pas l’impossible. Ils demandent une justice qui répond, qui agit, qui protège. Ils demandent que les paroles de nos responsables se traduisent enfin en résultats concrets dans les palais de justice de nos villes et villages.

Le gouvernement a raison de réagir. Mais c’est désormais à ses actes que nous le jugerons.

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