Un scandale administratif d’ampleur nationale vient d’être mis au jour. Un rapport des inspections générales de la justice et de la police, datant de 2023, révélait déjà l’engorgement systémique du traitement des plaintes, notamment celles pour viols. Ce document, remis au ministre de la Justice Gérald Darmanin, n’a jamais été rendu public.
La révélation, rapportée par Mediapart, soulève des questions gênantes : comment les autorités ont-elles pu ignorer, pendant des années, des dysfonctionnements aussi graves dans le cœur de notre système judiciaire ? Plusieurs centaines de milliers de plaintes dorment dans les dossiers, des investigations ne sont jamais ouvertes, et les victimes restent sans réponse.
Une réalité connue, longtemps cachée
Ce qui rend cette affaire particulièrement préoccupante, c’est qu’elle n’est pas nouvelle. Le rapport de 2023 était déjà alarmiste. Les inspecteurs généraux documentaient l’incapacité du système à absorber le flux des plaintes, l’engorgement des procédures en cours, et des dysfonctionnements structurels qui paralysent la machine judiciaire.
Pour nos lecteurs de Nouvelle-Aquitaine et au-delà, cela signifie une chose simple : la justice ne fonctionne pas. Une famille victime d’agression, une femme violée, un citoyen atteint dans son intégrité — tous font face à une administration incapable de réagir en temps utile. C’est inacceptable.
L’absence de transparence, un problème démocratique
Ce qui aggrave le problème, c’est l’opacité. Un rapport d’une telle gravité, adressé au ministre de la Justice lui-même en 2023, aurait dû déclencher une alerte publique, des mesures d’urgence, un débat démocratique. Au lieu de cela, silence radio. Le document reste enfoui pendant trois ans.
Cela révèle un mépris troublant pour la transparence et pour le citoyen. Nos gouvernants savaient. Ils savaient que les victimes de viols attendaient sans réponse, que des enquêtes n’étaient jamais ouvertes, que le système s’effondrait — et ils n’ont rien dit à personne.
Sécurité et souveraineté judiciaire
La question de la justice est inséparable de celle de la souveraineté et de la sécurité. Un État qui ne peut pas juger, qui ne peut pas protéger ses citoyens, qui cache ses dysfonctionnements aux Français, n’assume pas ses responsabilités fondamentales. C’est d’autant plus grave que la justice est l’une des rares prérogatives régaliennes qui reste réelle.
En Nouvelle-Aquitaine comme partout en France, nos habitants méritent une justice qui fonctionne, équitable, rapide, et transparente. Pas un système engorgé, secret, où les plaintes dorment et où les coupables parfois échappent à toute poursuite faute d’investigations.
Que faire ?
Cette révélation doit déboucher sur des actes. Il faut que le rapport complet soit publié. Il faut que le gouvernement rende des comptes. Il faut des moyens massifs alloués à la justice, pas des promesses creuses. Et il faut que nos élus locaux, départementaux et régionaux demandent des explications auprès de l’État.
Nos lecteurs ont raison d’être lassés du politiquement correct et des mensonges d’État. Voilà un exemple parfait : on vous cache pendant trois ans que votre système judiciaire s’écroule. C’est ni plus ni moins une trahison de confiance.