La Rochelle rebâtit : sixième au classement, mais des questions demeurent

Un sauvetage qui cache une reconstruction nécessaire

Le Stade Rochelais termine la saison 2025-2026 en sixième position du Top 14. De quoi éviter un second coup dur consécutif après la non-qualification de l’an passé. Mais la raclée encaissée à Paris en barrage (45-5) rappelle que cette place n’est pas une victoire, seulement un sursis.

Pour un club de l’envergure des Maritimes, habitué à jouer les premiers rôles, cette trajectoire résume bien l’état des lieux : oui, il y a du potentiel dans cet effectif ; non, ce n’est pas encore suffisant pour prétendre aux sommets.

Des promesses au printemps, mais des failles persistantes

L’arrivée de jeunes talents comme Nolann Le Garrec et Semi Lagivala a insufflé une nouvelle dynamique. Le jeu rochelais s’est aéré, l’attaque s’est réveillée. Les chiffres en attestent : 5e attaque du Top 14, 4e au nombre d’essais, 2e à la possession. Les huit victoires sur neuf derniers matchs de saison régulière ont montré que quelque chose bougeait enfin.

Mais voilà : cette embellie printanière cache mal les problèmes structurels qui ont parasité toute la saison. L’absence de fiabilité en conquête — notamment en mêlée où La Rochelle est l’équipe la plus pénalisée du Top 14 — a coûté cher lors des périodes d’hiver. Sans Uini Atonio et privée de Will Skelton pour de longs mois, la puissance rochelaise s’est volatilisée quand les conditions se sont durcies.

Le staff face à ses responsabilités

Ronan O’Gara et ses adjoints arrivent à la fin de leur cycle contractuel en 2027. Leur avenir se joue maintenant. Selon nos informations, les deux parties envisageraient de poursuivre ensemble, mais les discussions qui s’annoncent seront décisives. Un préparateur physique rejoint Toulouse cet été : c’est aussi un signal.

La stabilité a du prix, mais elle doit être féconde. Les changements opérés à l’entraînement ont porté leurs fruits au printemps. La question : sauront-ils être reproduits dès septembre, quand la roue tourne et que les rivaux se préparent aussi ?

Septembre sera déterminant

Grégory Alldritt, le capitaine, ne s’y trompe pas : « On essaie de sauver les meubles à la fin. On est obligé de se battre encore contre nous-mêmes. » C’est honnête, lucide — et inquiétant pour un club qui devrait dominer d’emblée, pas ressusciter au printemps.

La Rochelle a retrouvé un projet sportif plus vivant. Elle doit maintenant prouver que cette reconstruction n’est pas un trompe-l’œil, mais le vrai point de départ. Cela commence dès la présaison, autour de la conquête notamment. Sans assiette fiable, pas de salut aux abords de l’été.

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