Les deux tiers des bénéfices partent aux actionnaires
Tandis que nos entreprises aquitaines peinent à trouver des financements pour se moderniser, les cent plus grandes entreprises européennes versent en moyenne plus des deux tiers de leurs bénéfices à leurs actionnaires. Un choix qui alimenté les inégalités et prive l’économie réelle des ressources nécessaires à son développement, selon l’ONG Oxfam.
Ce constat intervient à un moment où nos PME et ETI régionales font face à des défis majeurs : investissement insuffisant en recherche et développement, freins à l’innovation, difficultés à moderniser l’outil productif. Pendant ce temps, les géants européens privilégient la rémunération des actionnaires, souvent des fonds d’investissement étrangers, au détriment de l’investissement territorial.
Des cas extrêmes et révélateurs
Certaines entreprises franchissent même la limite de l’absurde : Telefónica, BP et Zurich Insurance Group ont distribué aux actionnaires plus que ce qu’elles n’avaient réalisé en bénéfices. Un circuit financier déconnecté de la réalité économique, où le capital impose ses exigences sans considération pour l’emploi local ou la pérennité des territoires.
Cette mécanique désastreuse affecte directement nos régions. Quand les grandes entreprises rapatrient systématiquement leurs richesses vers des portefeuilles d’investissement plutôt que de réinvestir dans l’outil productif, c’est l’économie locale qui suffoque.
Un appel à des mesures contraignantes
Face à ce déséquilibre flagrant, Oxfam demande un encadrement des dividendes et des rémunérations des dirigeants. Une proposition qui mérite réflexion : peut-on tolérer que le capital financier capture indéfiniment les fruits du travail et de l’innovation sans obligation de contrepartie en investissements durables ?
En Nouvelle-Aquitaine, nos entrepreneurs et nos salariés travaillent dur pour construire une économie solide et enracinée. Il est juste que les géants européens acceptent des règles du jeu équitables : investir davantage dans les territoires, soutenir l’emploi durable, financer l’innovation qui crée de la richesse locale.
C’est une question de souveraineté économique et de justice territoriale. L’argent qui s’échappe en dividendes démesurés est autant d’argent qui ne finance pas les usines, les formations, les emplois de demain. Nos lecteurs le savent : une économie forte commence par des décisions courageuses, y compris celle de placer l’intérêt général avant les appétits sans limite du capital.