Le détroit d’Ormuz, artère vitale, devient zone de guerre
Au 104e jour de la guerre au Moyen-Orient, l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran s’accélère dangereusement. Jeudi 11 juin, après des frappes américaines massives, Téhéran a lancé une riposte visant les pays du Golfe. Les négociations, censées aboutir à une désescalade, n’ont produit que du silence diplomatique face aux déflagrations.
La situation la plus préoccupante concerne le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite en temps normal un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé que le détroit serait « fermé jusqu’à nouvel ordre » et que tout navire s’en approchant serait considéré comme collaborant avec l’ennemi. Deux navires tentant de le franchir auraient déjà été frappés.
Washington conteste ce blocage. Le Commandement américain affirme que les navires commerciaux continuent de transiter normalement. Mais la menace reste réelle et pèse lourdement sur les prix de l’énergie mondiaux — une préoccupation directe pour les ménages aquitains.
Des victimes civiles et des incendies en mer
Au Bahreïn, une enfant de 11 ans a été légèrement blessée après l’interception de missiles iraniens. Des véhicules ont pris feu et des habitations ont été endommagées à Manama et Madinat Hamad. Au Koweït, l’espace aérien a été fermé puis rouvert après les attaques.
En Iran même, au moins trois personnes ont été blessées lors des frappes américaines. Les bombardements ont ciblé le sud du pays ainsi que des sites près de Téhéran, notamment à Karaj, Nazarabad et Pishva.
Un incident maritime aggrave la tension : un feu a éclaté dans la salle des machines d’un pétrolier au large d’Oman, à 21 milles nautiques au nord-est de Sohar. Mercredi, Washington avait attaqué un navire au large d’Oman soupçonné d’exporter du pétrole iranien, causant la mort de trois marins. Les trois marins indiens initialement portés disparus ont été confirmés morts jeudi après localisation et identification de leurs corps.
Le Liban saigne toujours
La guerre d’Israël contre le Hezbollah se poursuit sans relâche au Liban, avec plus de 3 600 morts dans les frappes israéliennes depuis le début du conflit le 2 mars. Téhéran exige que le Liban soit inclus dans tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par une attaque israélo-américaine contre l’Iran.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a appelé les Libanais à se joindre à la lutte contre le Hezbollah, affirmant que leur pays avait été « pris en otage » par ce groupe pro-iranien.
Les médiateurs s’inquiètent
Le Pakistan, pays médiateur dans ce conflit, a déploré l’« escalade » observée ces derniers jours et réitéré son appel à une « solution négociée ». Le porte-parole de la diplomatie pakistanaise a souligné que « la diplomatie et le dialogue doivent être les principes de base ».
Mais pour l’heure, ce sont les armes qui parlent.