Nouvelle escalade entre Washington et Téhéran
Le Moyen-Orient replonge dans la spirale des frappes. Alors que les États-Unis venaient tout juste d’annoncer que les joueurs de football iraniens obtiendraient leurs visas pour la Coupe du monde 2026, Washington a ordonné de nouvelles attaques contre l’Iran vendredi 6 juin. Un geste pour le moins contradictoire qui illustre le chaos diplomatique ambiant.
Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), l’armée américaine a d’abord abattu quatre drones lancés en direction du détroit d’Ormuz, présentés comme menaçant le trafic maritime régional. Mais l’escalade ne s’est pas arrêtée là : les forces américaines ont ensuite frappé des sites de radars de surveillance côtière iraniens à Goruk et sur l’île de Qeshm, justifiée par la nécessité de « se défendre contre de nouvelles attaques ».
L’Iran riposte, les négociations paralysées
Téhéran a immédiatement réagi. Selon les Gardiens de la Révolution cités par la télévision d’État iranienne Irib, deux tours de communication ont été endommagées à Sirik et à Qeshm. Plus provocateur encore : les Gardiens ont annoncé avoir tiré des missiles balistiques vers la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït et le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn.
Ces échanges violents surviennent à peine deux mois après le cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 8 avril. Les hostilités, qui avaient quasi cessé depuis cette date, ont repris ces derniers jours, particulièrement autour du détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce maritime mondial.
Plus grave encore : le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, a admis sur la chaîne CNN que « les négociations sont dans l’impasse » pour mettre fin à ce conflit destructeur. Une confession qui en dit long sur l’épuisement des deux camps.
Limbo diplomatique et football
Côté humanitaire, la situation reste confuse. L’ambassadeur américain en Turquie, Tom Barrack, et le département d’État ont confirmé que les joueurs iraniens et le personnel d’encadrement nécessaire avaient obtenu leurs visas pour disputer leurs trois matches de première phase du Mondial-2026 aux États-Unis.
Mais le bilan des refus de visas tempère cette « bonne nouvelle » : plus d’une dizaine de membres du personnel de soutien sportif et médical de la sélection se sont vu refuser l’entrée aux États-Unis, de même que Mehdi Taj, président de la Fédération iranienne de football, ancien commandant des Gardiens de la Révolution.
Conséquence de cette incertitude diplomatique : la sélection iranienne a dû déplacer son camp de base de Tucson en Arizona vers Tijuana au Mexique, où elle doit arriver dimanche avant son premier match le 15 juin à Los Angeles contre la Nouvelle-Zélande.
Au Liban, la situation ne s’améliore guère. Israël poursuit ses bombardements du sud du pays, avec cinq nouveaux morts enregistrés vendredi. Les dirigeants libanais ont sommé l’Iran de cesser d’interférer dans les affaires du pays, face à l’échec d’une nouvelle trêve entre Israël et le Hezbollah, mouvement chiite soutenu par Téhéran.
Ce chaos régional montre que les tentatives de stabilisation au Moyen-Orient restent précaires, voire illusoires. Tant que négociations et frappes coexistent, la paix demeure un mirage.