Moyen-Orient : l’Iran et Washington négocient sous tension au Liban

Des pourparlers engagés en Suisse, mais fragiles

Ce dimanche 21 juin, des discussions tripartites ont débuté en Suisse entre l’Iran, les États-Unis et le Qatar, quatre jours après la signature d’un protocole d’accord censé ouvrir la voie à une résolution durable de la crise moyen-orientale. Au cœur des échanges : un cessez-le-feu global au Liban et la question épineuse des avoirs iraniens gelés par les sanctions internationales.

Mais ces négociations partent d’emblée fragilisées. Téhéran a posé une condition préalable sans équivoque : « Sans la mise en œuvre de la clause prévoyant la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban, il n’est pas possible d’entrer dans la phase de négociation en vue d’un accord final », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

Israël réaffirme sa ligne dure

De son côté, Israël durcit le ton. Son ministre de la Défense a affirmé dimanche que ses troupes pouvaient agir « sans aucune restriction » pour « éliminer les menaces » au Liban. Pis encore : il a réaffirmé que l’État hébreu ne se retirerait pas de la « zone de sécurité » qu’il occupe dans le sud libanais, une bande territoriale d’environ 10 kilomètres de profondeur.

Cette déclaration tombe comme une gifle aux négociateurs. Elle signale que, pendant que diplomates et médiateurs discutent en Suisse, Israël entend conserver les mains libres pour poursuivre ses opérations contre le Hezbollah pro-iranien.

Un calendrier de 60 jours décisif

Le protocole d’accord prévoit une période de 60 jours de pourparlers centrés sur le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions. Mais l’expérience montre que les accords régionaux tiennent rarement face aux réalités du terrain.

Trois éléments structurent cette négociation : l’enjeu nucléaire, évidemment majeur pour la stabilité mondiale ; la question des avoirs gelés, vital pour l’économie iranienne asphyxiée par les sanctions ; et le Liban, où la situation militaire sur le terrain risque d’annuler à tout moment les progrès diplomatiques.

Pour les observateurs attachés à la sécurité et à la stabilité régionale, ces pourparlers incarnent le dilemme classique : peut-on négocier avec des acteurs qui conservent leurs capacités militaires et, manifestement, leur volonté de les utiliser ? Réponse dans 60 jours.

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