Nutri-Score : Lactalis saisit la justice européenne pour contester l’étiquetage

Une bataille juridique majeure au plus haut niveau

Le géant laitier Lactalis, fleuron économique de Nouvelle-Aquitaine, vient de franchir une étape décisive dans son combat contre le Nutri-Score. Le Conseil d’État, saisi par le groupe, a décidé mardi 16 juin de renvoyer l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne. Un tournant qui pourrait redessiner le paysage de l’étiquetage nutritionnel en France et en Europe.

Cette escalade juridique n’est pas anodine. Elle place directement nos entreprises régionales face aux instances supranationales bruxelloises — exactement le type de bras de fer où la souveraineté économique française se joue.

Les reproches de Lactalis : une méthode de calcul imparfaite

Le groupe conteste frontalement la méthode du Nutri-Score. Son grief principal : cet affichage ne tiendrait pas compte des portions réellement consommées dans le calcul de la note nutritionnelle, ni ne prendrait en considération les nutriments de façon équitable.

En clair, Lactalis estime que le système pénalise injustement les produits laitiers — des aliments fondamentaux de notre patrimoine alimentaire français — sans mesurer correctement leur valeur nutritive réelle dans l’alimentation quotidienne. C’est un enjeu de transparence, mais aussi de justice économique.

Pourquoi cette affaire nous concerne

Au-delà du secteur laitier, ce dossier interroge le modèle même de régulation européenne imposée aux entreprises nationales. Le Nutri-Score, bien qu’adopté en France, s’inscrit dans une logique bruxelloise de standardisation qui n’a pas toujours tenu compte des spécificités de nos productions de qualité.

Lactalis emploie des milliers de salariés en région et rayonne mondialement. Ses usines, ses fournisseurs, ses réseaux de distribution font vivre des territoires entiers. Une décision défavorable aurait des répercussions bien réelles sur l’économie locale et sur la compétitivité des entreprises agroalimentaires françaises face à la concurrence étrangère.

La Cour de justice européenne sera amenée à statuer sur des questions fondamentales : comment encadrer l’affichage nutritionnel sans étouffer les industries alimentaires majeures ? Faut-il une approche unique ou davantage de flexibilité pour les produits patrimoniaux ?

Un test pour l’autonomie économique française

Cette bataille judiciaire révèle les tensions croissantes entre Bruxelles et les acteurs économiques nationaux. Les règles imposées d’en haut, sans concertation suffisante avec les entreprises concernées, finissent souvent au tribunal.

Pour les consommateurs et contribuables de Nouvelle-Aquitaine, l’enjeu est double : soutenir une industrie régionale d’excellence, tout en veillant à une information nutritionnelle sincère et intelligible. Il n’y a pas de fatalité à ce que Bruxelles dicte seule les règles du jeu.

La décision rendue par la Cour de justice européenne sera scrutée de près. Elle établira un précédent pour tous les géants agroalimentaires européens et déterminera si la régulation supranationale peut, ou doit, tenir davantage compte des réalités économiques des territoires.

Tags

Partagez cette article :

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit, sed do eiusmod tempor incididunt ut labore et dolore