SNCF : 71 trains supprimés, le chaos du week-end sur Bordeaux-Marseille

La chaleur paralyse les transports régionaux

C’est un scénario que les Aquitains redoutent : face à une vague de chaleur annoncée, la SNCF a annoncé jeudi la suppression de 71 trains Intercités entre jeudi et lundi. Sur la ligne Transversale Sud reliant Bordeaux à Marseille, ce sont près de 50 % des voyages qui seront annulés ce week-end. Un choix justifié par la nécessité d’éviter les pannes de climatisation, mais qui plonge des milliers de voyageurs dans l’incertitude.

L’été des perturbations continue

Depuis des années, les périodes de forte chaleur révèlent les faiblesses chroniques de nos infrastructures de transport. La SNCF doit choisir entre maintenir un service dégradé et risquer des pannes massives, ou anticiper en supprimant des trains. C’est un aveu d’impuissance face à un réseau vieillissant qui peine à supporter les épisodes climatiques normaux pour une région méditerranéenne.

Pour les voyageurs, c’est une autre histoire. Les professionnels en déplacement, les familles planifiant un week-end, les habitants dépendant du train pour leurs trajets : tous se retrouvent à la merci de décisions prises au dernier moment, sans possibilité réelle d’adaptation.

Une gestion à la petite semaine

Ce qui interroge surtout, c’est l’absence de véritable stratégie à long terme. Chaque été, même scénario : les trains s’arrêtent, les lignes saturent, les usagers enragent. On nous parle de modernisation depuis des décennies, mais sur le terrain, les voyageurs aquitains se retrouvent avec un service de moins en moins fiable.

La Transversale Sud est une ligne majeure pour notre région. Elle relie des territoires essentiels de Nouvelle-Aquitaine à la côte méditerranéenne. La réduire à néant 50 % du temps, ce n’est pas gérer une crise climatique, c’est admettre que notre maille de transport n’est pas à la hauteur des enjeux.

Des questions sans réponse

Quand verrons-nous des investissements massifs dans le matéroulant roulant ? Quand le réseau sera-t-il réellement modernisé ? Quand les usagers pourront-ils compter sur un service fiable et constant ? Ces interrogations, les Aquitains se les posent à chaque épisode de canicule.

Le gouvernement parle de transition écologique et d’incitation aux transports publics. Comment convaincre les gens de laisser leur voiture au garage quand le train, supposément moderne, s’effondre dès que le thermomètre grimpe ?

Entre jeudi et lundi, ceux qui peuvent se le permettre prendront la voiture. Les autres attendront, résignés, que la SNCF restaure un service digne de ce nom. C’est l’image d’une France où l’on gère les crises au jour le jour, plutôt que de les anticiper comme le feraient des territoires vraiment attachés à leur autonomie et à leur efficacité.

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