Trump oppose veto à Netanyahu sur le Liban : tensions transatlantiques

Washington freine l’offensive israélienne, les élections approchent

Donald Trump met la pression sur Benyamin Netanyahu pour arrêter l’offensive israélienne au Liban. Selon le média américain Axios, le président américain s’est emporté lors d’un entretien téléphonique lundi : « tu es complètement taré. Tu serais en prison sans moi. Je t’ai sauvé les fesses et tout le monde te hait maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça ».

Cette tension illustre un enjeu géopolitique majeur : les États-Unis, engagés depuis février dans une guerre avec l’Iran, cherchent à sortir du piège militaire avant les élections de mi-mandat qui arrivent dans cinq mois. Trump craint que l’offensive au Liban et les frappes potentielles à Beyrouth ne compliquent ses négociations de sortie de crise.

Deux visions inconciliables

Sur son réseau Truth Social, Trump affirme que Netanyahu s’était engagé à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth. Le président américain a également annoncé avoir eu un « très bon » échange avec le Hezbollah via des intermédiaires et assure que la formation va « cesser totalement le feu ». « Israël ne les attaquera pas et ils n’attaqueront pas Israël », a-t-il ajouté.

Publiquement, Netanyahu refuse cette lecture. Le Premier ministre israélien a déclaré : « j’ai parlé ce soir avec le président Trump et je lui ai dit que si le Hezbollah ne cessait pas d’attaquer nos villes et nos citoyens, Israël frapperait des cibles terroristes à Beyrouth. Notre position à ce sujet reste inchangée. »

Le fossé entre Washington et Jérusalem se creuse. Dans la nuit du lundi au mardi 2 juin, le Hezbollah et Israël ont continué de s’attaquer mutuellement, ignorant les promesses de cessez-le-feu annoncées par Trump.

Un contentieux politique sous-jacent

Trump ne cache pas son ressentiment : il fait référence au procès de Netanyahu pour corruption et considère que son soutien politique a permis au Premier ministre d’éviter la prison. Le président américain estime que cette aide devrait mériter de la reconnaissance et une coopération militaire alignée sur les intérêts stratégiques américains.

Cette situation met en lumière un malaise fondamental : les partenariats géopolitiques, même forts, restent fragiles lorsque les intérêts électoraux et stratégiques divergent. Trump doit gérer l’impopularité croissante d’Israël auprès de l’opinion mondiale, tout en affichant son soutien. Netanyahu, lui, défend la sécurité immédiate d’Israël face à une menace perçue comme existentielle.

Ancien ambassadeur de France à Washington et en Israël, Gérard Araud ironise sur X : « Trump en médiateur entre Israël et Hezbollah… On n’ose plus commenter ».

Le Moyen-Orient reste un terrain miné où les calculs électoraux américains, les priorités de sécurité israéliennes et les ambitions iraniennes créent une équation sans solution évidente.

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