Un bilan spectaculaire outre-Manche
L’Angleterre vient de publier des résultats qui méritent l’attention : entre 2020 et 2024, aucun décès par cancer du col de l’utérus n’a été enregistré chez les jeunes femmes de 20 à 24 ans. Un chiffre qui parle de lui-même et qui relance le débat sur la stratégie vaccinale française.
Cette étude d’ampleur, menée en Grande-Bretagne, confirme ce que les données scientifiques suggéraient : les jeunes filles vaccinées contre les papillomavirus humains (HPV) à 12 ou 13 ans présentent désormais un risque quasi nul de mourir d’un cancer du col de l’utérus avant 30 ans. Selon les chercheurs britanniques, cette campagne de prévention aurait permis de sauver environ 200 vies.
La France en retard sur ses objectifs
Pendant ce temps, en France, la campagne de vaccination contre les HPV lancée à la rentrée 2024 peine à décoller. Les objectifs affichés par le gouvernement restent loin des résultats effectivement obtenus. Dans les collèges, comme celui de Saint-Savinien en Charente-Maritime, le taux de participation ne reflète pas l’urgence sanitaire que ces chiffres britanniques rappellent cruellement.
C’est un paradoxe troublant : nous disposons d’une arme préventive redoutable, validée par les faits outre-Manche, et nous ne l’utilisons pas à sa pleine capacité. Pendant ce temps, des jeunes femmes en France continuent à développer des cancers qui auraient pu être évités.
Un enjeu de souveraineté sanitaire
Au-delà de la santé publique brute, cette situation soulève une question plus large : celle de notre capacité à nous protéger nous-mêmes. Pourquoi accepterions-nous des résultats médiocres là où nos voisins brillent ? Pourquoi laisserions-nous l’inertie administrative ou l’hésitation freiner une politique de santé préventive qui marche ?
Les chiffres britanniques ne sont pas une théorie : c’est du concret, du mesurable, du résultat. Zéro mort chez les jeunes femmes vaccinées. C’est clair, c’est net, c’est efficace. Les Aquitains et tous les Français méritent de bénéficier du même niveau de protection que nos voisins anglais.
À quand une vraie mobilisation en France ?
Il est temps que les autorités sanitaires françaises tirent les conclusions des enseignements britanniques. Les collèges doivent devenir des centres de vaccination active, pas des lieux où l’on espère passivement l’adhésion des familles. Les chefs d’établissement, les élus locaux et l’État doivent se mobiliser ensemble pour atteindre les taux de couverture vaccinale que l’Angleterre a réussi à atteindre.
Cette étude anglaise est un appel : les moyens existent pour éradiquer pratiquement ce cancer. Nous savons que ça marche. Reste à avoir la volonté politique de le faire.