Violences : mobilisation massive en Aquitaine contre l’inaction judiciaire

Des obsèques à l’action politique

L’affaire Lyhanna a transformé la douleur en détermination. Ce vendredi 12 juin, alors que s’achèvent les obsèques de la fillette à Fleurance, le collectif féministe Loi intégrale lance une mobilisation sans précédent en Nouvelle-Aquitaine et sur tout le territoire. L’objectif : forcer le gouvernement à agir face à des années d’inaction face aux violences.

La coalition fédère plus d’une centaine d’associations et organisations (Fondation des femmes, CGT, FSU, Ensemble contre le sexisme, Oxfam…). Son message est clair : les larmes de crocodile ne suffisent plus. Il faut des réformes, et maintenant.

Les chiffres qui accusent

Les responsables du collectif n’ont pas mâché leurs mots vendredi matin en conférence de presse. Anne Sinic, de l’association Caméléon, l’énonce sans détour : 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année en France. Ce ne sont pas des statistiques, ce sont des enfants non protégés malgré des signalements répétés restés sans suite.

Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, a dénoncé les « énormément de signalements et d’absences de réponse » qui ont précédé la disparition de Lyhanna. Un système en faillite, selon elle, qui explique la demande massive d’amélioration.

Une loi depuis neuf mois dans les tiroirs

Le collectif Loi intégrale réclame l’inscription à l’agenda parlementaire d’une proposition de loi complète de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Ce texte, cosigné par une centaine de députés de gauche et du centre-droit, a été déposé fin 2025. Il compte 79 articles détaillés : formation obligatoire des professionnels, unités spécialisées au sein de la police judiciaire, juridictions spécialisées en violences sexistes et sexuelles.

Or, neuf mois plus tard, le texte n’a toujours pas été examiné. Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a appelé le gouvernement à l’ajouter à l’ordre du jour en juillet ou septembre. Réaction insuffisante, jugent les militantes.

Mobilisation tous les lundis, manifestation prévue le 4 juillet

Pour faire bouger, le collectif annonce une stratégie d’action concrète et régulière :

  • Chaque lundi à 19 heures, manifestation place Vendôme à Paris devant le ministère de la Justice
  • Rassemblements parallèles devant tous les tribunaux de France à la même heure, mettant la pression sur le système judiciaire
  • Grande manifestation nationale le samedi 4 juillet
  • Pétition citoyenne déjà signée par 265 000 personnes

« Notre adresse vise d’abord les hommes politiques », précise Anne-Cécile Mailfert. Le collectif n’attaque pas les magistrats en personne, mais réclame des responsabilités politiques claires.

2,6 milliards d’euros : le prix de la sécurité

Le gouvernement a proposé d’intégrer quelques mesures au projet de loi sur la protection des enfants (examen prévu le 15 juillet), notamment un délai maximal de trois mois pour les actes d’enquête concernant les crimes sur enfants. De quoi satisfaire les mobilisés ? Loin de là.

Le collectif évalue à 2,6 milliards d’euros par an l’investissement nécessaire pour une véritable politique publique. Des moyens, pas des miettes législatives. Une exigence légitime face à des chiffres qui donnent le vertige.

En Nouvelle-Aquitaine, comme dans toute la France, les citoyens attachés à la sécurité et à l’ordre attendront les jours prochains comment le gouvernement répondra à cette mobilisation qui ne veut plus accepter que des enfants français restent sans protection face aux prédateurs.

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