Gers : disparition de collégienne, le suspect déjà visé pour viol

Une affaire qui expose les failles du système judiciaire

Depuis vendredi dernier à Fleurance, dans le Gers, les recherches s’intensifient pour retrouver Lyhanna, une collégienne de 11 ans portée disparue. L’homme de 41 ans interpellé et placé en détention provisoire depuis lundi soir pour enlèvement et séquestration était déjà sous le radar des autorités judiciaires. Une information qui ravive des questions légitimes sur la chaîne pénale et la protection de nos enfants.

Le parquet de Toulouse a révélé mardi que le suspect faisait l’objet d’une plainte pour viols sur mineure déposée en août 2025. Les faits auraient concerné une fillette de 10 ans. Selon le procureur David Charmatz, la plainte a été enregistrée le 22 août à la brigade de gendarmerie de Plaisance-du-Touch. Le dossier a ensuite été redirigé vers le parquet d’Auch, compétent territorial, début novembre.

Un homme qui se rapprochait des enfants

Le lien qui unissait le suspect à Lyhanna était déjà inquiétant avant sa disparition. Il est le père de la meilleure amie de la collégienne. C’est d’ailleurs lors d’une soirée pyjama d’anniversaire, en septembre ou octobre, que la mère de Lyhanna avait interrogé sa fille à son retour.

Charly Rameau, la mère, a déclaré à ICI Occitanie avoir entendu parler de comportements qui l’avaient alertée : l’homme avait acheté une pizza au chorizo à Lyhanna et lui avait fait des chatouilles. Des gestes apparemment anodins en surface, mais qui avaient suffi à inquiéter une mère attentive. « Je lui ai posé la question que n’importe quel parent aurait posée », confie-t-elle, précisant qu’elle avait alors interdit à sa fille toute interaction ultérieure avec cet homme.

180 gendarmes mobilisés, le temps qui presse

Mercredi 3 juin, 180 gendarmes sont mobilisés pour fouiller la région. Les autorités le savent : chaque heure compte. Le général François Daoust, ancien directeur de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie, l’a rappelé : « Plus le temps passe, plus les chances s’amenuisent ».

Pendant ce temps, une mère et sa fille qui ont porté plainte contre le même homme en 2025 reviennent sur l’épreuve du témoignage. « Je me suis écroulée », racontent-elles, illustrant le traumatisme et la détresse que laissent ces agressions.

Des questions sur la réactivité judiciaire

Cette affaire soulève des interrogations légitimes. Un homme visé par une plainte pour viols sur mineure en août 2025 circule librement. Huit mois plus tard, il commet un enlèvement. Les délais administratifs, le dessaisissement d’un parquet à un autre, les enquêtes qui s’étirent : autant de mailles qui peuvent laisser passer le poisson.

Les citoyens de Nouvelle-Aquitaine, comme ailleurs en France, attendent que la justice soit à la hauteur des menaces qui pèsent sur leurs enfants. La sécurité des jeunes générations ne peut pas être sacrifiée sur l’autel des lourdeurs procédurales.

Les recherches se poursuivent. L’espoir demeure. Mais cette affaire rappelle que la protection de nos enfants exige une réactivité accrue et une vigilance sans relâche.

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