La France durcit le ton face aux politiques de colonisation
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé mardi l’interdiction d’accès au territoire français pour le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich. Cette décision, basée sur les positions du ministre concernant la Cisjordanie et Gaza, constitue une escalade diplomatique de la part de Paris.
Smotrich, qui « promeut activement l’annexion de la Cisjordanie » et « revendique ouvertement » la « recolonisation de Gaza », est désormais le deuxième membre du gouvernement israélien visé par une telle interdiction. Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir s’était vu fermer les frontières françaises dès le 23 mai.
Une action coordonnée au niveau international
Cette mesure ne relève pas d’une initiative isolée de la France. Jean-Noël Barrot a précisé que le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège agissent de concert. Ces cinq pays avaient déjà annoncé, le 10 juin 2025, l’interdiction de territoire à ces deux ministres, les accusant d’« incitation à la violence » contre les Palestiniens.
Au-delà de ces deux personnalités, la France interdit également l’accès à quatre responsables d’organisations de colons et à 21 colons violents. Ces nouvelles sanctions visent à contrer l’intensification de la colonisation et des violences en Cisjordanie, en cohérence avec le positionnement international en faveur d’une solution à deux États.
Un contexte de tensions croissantes
La situation en Cisjordanie s’est considérablement dégradée depuis octobre 2023. Suite à l’attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, les violences ont explosé dans le territoire occupé depuis 1967 par Israël.
Selon les données de l’Autorité palestinienne, au moins 1 080 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens depuis le déclenchement de la crise. De son côté, Israël dénombre au minimum 46 victimes — civils et soldats — tuées lors d’attaques palestiniennes ou d’opérations militaires.
La position française sur le conflit
Jean-Noël Barrot a clairement exprimé le rejet français des politiques menées par Smotrich. « C’est une politique que ne peut accepter l’écrasante majorité de la communauté internationale, fermement attachée à la solution à deux États », a écrit le ministre sur le réseau X.
La France affirme ainsi son attachement à une résolution pacifique du conflit israélo-palestinien et refuse de cautionner des approches qu’elle juge incompatibles avec le droit international. Cette interdiction témoigne d’une diplomatie française plus affirmée face aux enjeux géopolitiques majeurs du Moyen-Orient, même face à un allié comme Israël.
Le gouvernement israélien avait dénoncé les précédentes sanctions comme « scandaleuses ». La nouvelle escalade diplomatique pourrait raviver les tensions entre Paris et Jérusalem sur la question palestinienne.