Un pilier du régime cubain s’éteint à 94 ans
Ramiro Valdés Menéndez, l’une des figures majeures de la révolution cubaine et fondateur des services de renseignement de l’île, est décédé dimanche 21 juin à l’âge de 94 ans. Le président cubain Miguel Diaz-Canel a annoncé la disparition de cet ancien compagnon des frères Castro, saluant sa « fidélité absolue » au régime depuis plus de sept décennies.
Des débuts révolutionnaires à la consolidation du pouvoir
Ramiro Valdés figurait parmi les rares à détenir à Cuba le titre de Commandant de la Révolution. Il compte au nombre des derniers survivants de l’expédition du yacht Granma, lancée le 2 décembre 1956, qui marqua le point de départ de la révolution cubaine contre le dictateur Fulgencio Batista. Pendant cette guérilla menée par Fidel Castro, Valdés avait servi comme second du chef révolutionnaire argentin Che Guevara.
Membre du Parti communiste cubain et de son Bureau politique, Valdés a exercé comme ministre de l’Intérieur et, surtout, a créé le G2, la fameuse sécurité d’État – les services de renseignement de l’île. Une institution centrale dans le contrôle politique d’un régime autoritaire qui n’a cessé de renforcer son appareil de surveillance depuis la prise du pouvoir en 1959.
Un régime en quête de stabilité
Ces dernières années, Valdés s’était montré un soutien public du président Miguel Diaz-Canel, arrivé au pouvoir en 2018 en tant que premier chef d’État cubain sans le nom de Castro. Portant toujours son uniforme militaire lors de ses apparitions publiques, il incarnait ainsi la continuité institutionnelle d’un système vieillissant. Titulaire de l’honorifique de Héros de la République de Cuba, Valdés n’avait plus été vu en public depuis l’année dernière.
Sa disparition intervient alors que Cuba traverse une crise économique grave, contraignant le régime à envisager des réformes de libéralisation du marché. Elle marque aussi le déclin accéléré d’une génération révolutionnaire : avec Raul Castro, qui vient de fêter ses 95 ans, Valdés comptait parmi les derniers témoins vivants des débuts du régime castriste – une époque où les promesses révolutionnaires se sont progressivement transformées en un système de contrôle d’État parmi les plus rigides du monde.