Une visioconférence qui suscite des questions
À quelques jours du sommet du G7 prévue à Evian du 15 au 17 juin, Emmanuel Macron organise jeudi une visioconférence réunissant les membres du G7, la Chine et plusieurs pays émergents. Un signal fort de « coopération » entre les grandes économies mondiales, selon l’Élysée. Mais cette initiative soulève des questions légitimes sur les priorités réelles du gouvernement français.
Une stratégie qui intrigue
Quatre jours avant le sommet, le président français choisit donc de dialoguer directement avec Pékin aux côtés des grandes puissances industrialisées. L’objectif affiché : renforcer la coopération et apaiser les tensions commerciales mondiales.
Pour les entreprises aquitaines et françaises, la question se pose naturellement : cette ouverture à la Chine est-elle vraiment dans l’intérêt de nos PME et de nos travailleurs ? Alors que les tensions commerciales mondialisées pèsent déjà sur nos productions régionales, on peut se demander si multiplier les canaux de dialogue avec des acteurs économiques dotés de stratégies très différentes des nôtres répond aux enjeux de souveraineté économique que nous défendons.
Sécurité et proximité avant tout
Les murs de sécurité qui entoureront Evian — plus de 14 000 agents de gendarmerie, armée et police mobilisés pour le sommet — contrastent singulièrement avec cette approche tous azimuts de la coopération économique. Comment concilier cette sécurité renforcée avec une stratégie commerciale aussi ouverte ?
La région Nouvelle-Aquitaine, comme toute la France, a besoin de clarté : sur quels principes repose véritablement notre politique économique ? Favorisons-nous d’abord nos entreprises et nos salariés, ou cherchons-nous un équilibre mondial qui peut parfois jouer contre nos intérêts ?
L’enjeu pour les territoires
Ce type de négociation entre les grandes puissances se joue souvent loin des réalités des territoires. Les décisions prises lors de ces réunions de haut niveau impactent directement nos petites et moyennes entreprises, nos agriculteurs, nos artisans. Ils méritent une gouvernance économique qui les place en priorité, plutôt que de les soumettre aux jeux diplomatiques entre blocs continentaux.
Le sommet d’Evian sera un moment clé. L’Aquitaine en sera le cœur battant. C’est l’occasion de rappeler que la proximité avec nos partenaires économiques régionaux, la défense de nos productions locales et la souveraineté économique doivent primer sur une coopération tous azimuts qui pourrait diluer nos intérêts vitaux.